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Mardi, le 22 Mai 2012.
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Le quotidien d'un enfant à Bamako

Le quotidien d'un enfant à Bamako, article Babybook Aboubacar Traoré est un petit garcon âgé de 7 ans. Il vit à Bamako, dans la maison familiale où cohabitent ses parents, ses grands-parents, ses oncles et tantes et ses cousins. Comme la maison n'est pas assez grande, il partage une chambre avec les autres enfants de la famille.

Dans la capitale malienne, 69 % des enfants de moins de 7 ans ne sont pas scolarisés. Depuis trois ans, Aboubacar à la chance de fréquenter l'école primaire de son quartier où il apprend à lire et à écrire en francais. Il fait partie des 77,9 % de garcons scolarisés dans le pays. Si l'accès à l'éducation de base est passé de 47,8 % en 1996-1997 à 72 % en 2004-2005, la scolarisation des filles est moins importante que celle des garçons. En 2002, le taux brut de scolarisation des filles n'était que de 56,7 %.

Les facteurs culturel et économique peuvent expliquer cette différence. Tout d'abord, beaucoup de Maliens considèrent qu'il est du rôle de la fille de rester auprès de sa mère pour l'aider dans les tâches domestiques. Les mariages précoces sont également un frein à la scolarisation et surtout à la poursuite de longues études par les filles. Aussi, les frais de scolarité (inscriptions, achats de fournitures, vêtements) représentent un sacrifice financier important dans un pays où plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté. Souvent, les familles choisissent de n'envoyer qu'un ou deux de leurs enfants, le choix se porte alors le plus souvent sur les garcons.

Aboubacar étant enfant unique, cette question ne s'est pas posée. L'éducation reste une chance pour le développement du pays puisque le taux élevé d'analphabétisme, surtout chez les femmes, perpétue le cycle de pauvreté.

Aboubacar aime apprendre et est heureux d'aller à l'école. Pour y être à 8 heures, il se lève vers 7 heures du matin. Après un petit déjeuner composé de bouillie ou de galette et une tasse de café, il part à l'école à pied. A midi, il rentre à la maison pour déjeuner. Bien que toute la famille mange du to, plat traditionnel malien à base de bouillies de céréales, Aboubacar préfère quant à lui le riz en sauce ou le riz au gras (voir description ci-dessous). Le riz, le mil et le maïs sont les céréales de base de l'alimentation malienne. Malheureusement, une crise alimentaire causée par d'importantes invasions de criquets et de faibles chutes de pluie a contribué au déclin du statut nutritionnel des enfants maliens depuis 2005. Grâce à des ONG, des réfectoires ont été créés dans certaines écoles afin que les enfants mangent à leur faim au moins une fois par jour.

Aboubacar reprend le chemin de l'école à 15 heures et y reste jusqu'à 17 heures. Comme tous les enfants des villes, Aboubacar fait ses devoirs en rentrant à la maison. Ensuite, il se lave, puis regarde un peu la télévision en attendant le souper. S'il était plus âgé, il aiderait son père aux tâches de la maison : réparation, bricolage, construction. Mais Aboubacar n'a que 7 ans et de ce fait, son père préfère demander de l'aide à ses neveux. Cependant, la tâche la plus commune ainsi que la principale raison de non scolarisation des jeunes enfants est d'aller chercher de l'eau au puits. Mais cette corvée n'a plus à être effectuée à Bamako où la distribution d'eau potable est assurée par une station de pompage sur le fleuve Niger. Malheureusement, la capacité de 135 000 m3 d'eau potable par jour est insuffisante pour assurer les besoins estimés de la population bamakoise.

Pendant les vacances, qui durent de juin à octobre, Aboubacar reste la plupart du temps à Bamako. Si la matinée est consacrée à des balades à vélo dans le quartier, ponctuées par du grignotage de cacahuètes, l'après-midi l'enfant s'adonne à ses deux activités préférées : jouer au foot entre copains devant la maison et partir à la chasse aux écureuils, aux oiseaux ou aux margouillats (sorte de lézards terrestres insectivores) avec son lance-pierres.Cependant, les vacances ne sont pas de tout repos pour le petit garçon, puisqu'il commence ses journées à 7 heures avec une heure de leçon à l'école coranique où il apprend les sourates de prières avec d'autres enfants de son âge, et ce, trois fois par semaine. Dans certaines écoles coraniques, on apprend la mendicité aux enfants, mais pas dans celle d'Aboubacar. Selon les données du CIA World Factbook de 2006, l'Islam est pratiquée à 90 % au Mali. Le reste de la population est animiste (9 %) ou chrétienne (1 %).

Si la crise économique que nous connaissons n'a pas d'effet direct sur Aboubacar, elle a touché tout le pays et surtout les enfants des villages sur le plan de leur scolarisation, de leur alimentation et de leur travail. Le Mali reste un pays pauvre avec un indicateur de pauvreté humaine placant le pays en 107e position sur 177 (les moins pauvres étant en début de classement). De nombreuses associations se battent encore pour que le Mali sorte de la pauvreté, pour que des puits d'eau soient accessibles à tous, pour que les enfants soient scolarisés ou que les filles ne soient plus les victimes de mutilations sexuelles. Aboubacar est, espérons-le, le reflet prometteur d'une société en devenir.

LE MALI

Système scolaire au Mali

Âge (ans)
3 - 4 - 5 - 6 - 7
8 - 9 - 10 - 11 - 12
13 - 14 - 15
16 - 17 - 18
Mali Jardin d'enfants Enseignement fondamental
Premier cycle
Enseignement fondamental
Second cycle
Lycée

Carte d'identité
Population :
Superficie  :
Capitale :
Langues officielle  :
Autres langues

:

Monnaie :
Régime :
Chef de l'Etat

:

13 176 000 habitants  
1 240 000 km2  
Bamako  
Français  
Bambara, Sénoufo, Sarakolé,
Dogon, Pulaar, Tamajek, Arabe
 
Franc CFA  
Présidentiel  
Amadou Tomani Touré
(depuis mai 2002, réélu en 2007)
 

La cuisine Malienne


Au Mali, il est de coutume de manger avec ses doigts. Un bol d'eau est disposé sur la table afin que chacun puisse se laver les mains avant de piocher dans l'assiette.
De plus, on ne mange et ne sert jamais avec la main gauche qui représente le mal dans la religion musulmane. La cuisine est un endroit réservé aux femmes, et les hommes n'ont pas l'autorisation d'y entrer.


Quelques plats traditionnels du Mali :
  • Le fakou-ouï, riz accompagné de viande de mouton et d'une sauce aux herbes.
  • Le maffé, riz accompagné d'une sauce à base de viande ou poisson séché, de légumes (citrouille, piments, tomates, oignons) et de beurre de cacahuète (appelé pâte d'arachide au Mali).
  • Le riz au gras, riz accompagné de viande de mouton et de légumes variés.
  • Le poulet Yassa, cuisiné avec du citron, de l'oignon, des tomates, du piment...

Article rédigé par Gabrielle Cloutier
Avec l'aide précieuse d'Abdoulkarim Kaba

Source: Magazine Babybook (numéro 1 paru en octobre 2009)

www.babybook.ch et www.parentsolo.ch



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