Quelle est la principale activité du Service social international (SSI)?
Intervenir dans des situations individuelles où les enfants sont séparés de leur famille par des frontières. Si les parents ont disparu au cours d'un conflit ou d'une guerre, nous retrouvons par exemple les oncles ou tantes de l'enfant, et tentons de le replacer auprès d'eux. Mais nous agissons également lorsqu'un des parents décide d'enlever son enfant, sans intention criminelle.
La Suisse est-elle très touchée par ce phénomène?
Oui, plus qu'on ne l'imagine. Le bureau suisse traite chaque année mille cas, et environ cent d'entre eux sont des situations d'enlèvements par un parent. Il est vrai que les juges en Suisse avalisent des décisions de divorces binationaux sans tenir compte du fait que l'un des deux parents peut partir un jour avec les enfants. Nos juges ne sont pas formés à une vision internationale.
Comment agissez-vous dans le cas, dramatique, d'un enlèvement?
La médiation est un travail de longue haleine, et il faut être patients! A chaque fois, notre première préoccupation est de retrouver le parent rapidement, avec l'aide de nos antennes locales, pour instaurer un dialogue. Nous ne portons aucun
jugement qui pourrait freiner la démarche. Puis nous rétablissons la communication entre les parents, mais il vaut mieux agir avant que les tribunaux ne s'emparent de l'affaire.
Avez-vous un exemple de médiation réussie?
Récemment, un père suisse retenait ses enfants en Suisse et la mère, originaire des Fidji ne les voyait plus. Les îles Fidji ont signé la Convention internationale de La Haye, et nous avons donc pu recommander à la mère de porter plainte. Car, dans ce cas, il y a obligation de médiation avant que l'affaire soit portée devant les tribunaux. Ensuite, nous avons réalisé la médiation. Les parents communiquaient encore par e-mails et l'intérêt de leurs enfants passait avant tout, ce qui nous a aidé. Ils ont établi un planning détaillé ensemble et les enfants retourneront voir leur mère aux Fidji, pour une année entière. Ils effectueront ensuite leur scolarité secondaire en Suisse. Notre rôle est simplement d'aider les parents à s'accorder pour le bien des enfants.
Comment éviter ce genre de situation?
En y pensant avant, lorsqu'on se marie! Mais peu de gens y songent... évidemment. En attendant, nous offrons des consultations pour les couples binationaux qui se marient en Suisse. Et, nous avons de plus, édité une brochure spécialement dédiée aux divorces transnationaux (voir site internet).
+ d'infos:
Source: Magazine Babybook (numéro 4 paru en mai 2011)
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