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Jeudi, le 20 Juillet 2017

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Enfant, je rêvais de voir inscrit dans le bottin:
Gaëtan, Musicien

Enfant, je rêvais de voir inscrit dans le bottin: <br />Gaëtan, Musicien, article Babybook

Gaëtan, le chanteur adoré des enfants, celui que l'on désigne désormais comme le successeur d'Henri Dès, a sorti le 16 septembre un nouvel album: "Zingoingoin". Un drôle de nom qui demande de toute urgence des explications. Et si la réponse était cachée dans ses souvenirs d'enfant ?

Où avez-vous grandi Gaëtan ?
À Meyrin à côté de Genève. Nous vivions dans un appartement avec mes parents et ma sœur. Maman était ensei- gnante et mon père libraire et éditeur.

Enfant étiez-vous drôle comme sur scène ?
Pas du tout. J'étais un enfant rêveur et contemplatif. Mais pas introverti, j'ob- servais simplement ce qui se passait au- tour de moi. Et aussi un peu maladroit. Mes parents en ont vu de belles... Je ne me cassais pas vraiment les os, mais je me tordais toujours quelque chose.

C'est ainsi que vos proches vous voyaient, en contemplatif ?

J'étais surtout le mec qui faisait de la musique. A Noël et pour les anniversaires, mes cadeaux avaient toujours un lien avec la musique. On m'a par exemple offert un ukulélé très jeune. Pour moi, ce n'était qu'une petite guitare, adaptée à ma taille. Est-ce un hasard si j'utilise aujourd'hui cet instrument dans mes chansons ?

Vos parents vous ont-ils poussé vers la musique ?

Pas vraiment. Ils m'ont surtout laissé libre de faire ce que je voulais. J'ai été inscrit au solfège à l'institut Jacques Dalcroze à six ans. C'était bien parce que ce n'était pas seulement des notes écrites sur des partitions à réciter. C'était basé sur le mouvement, beau- coup plus jovial. Puis j'ai enchaîné avec la pratique d'instruments : d'abord le piano et un peu plus tard la batterie. J'ai également fait du chant lyrique.

Être musicien était une évidence ?

Vous souvenez-vous des bottins, des annuaires ? Eh bien, enfant, j'avais une fascination pour ces livres dans lesquels on pouvait trouver toutes les professions prêtes à rendre service. Je rêvais de voir inscrit à la page des - M - « Musicien : Gaëtan ».

Et côté école, ça se passait comment ?

Je n'ai pas du tout aimé. Petit, ça allait, j'y allais comme tout le monde. Mais dès 10-11 ans, j'ai commencé à m'ennuyer. Je n'aime pas l'effet de groupe, particulièrement fort à l'école. Tout le monde va au même endroit au même moment. Sans parler du désintérêt pour ce qu'on m'enseignait.

Pas de bons souvenir d'école alors ?

Si, curieusement... Mes souvenirs d'enfance sont liés à l'escalade et ces journées où l'on était tous déguisés dans la cour de récré. Ma mère est assez habile de ses doigts. Un jour, elle a reproduit le « Waggis », un personnage du carnaval de Bâle pas très cool avec un monstrueux nez. Je me souviens qu'elle a utilisé du raphia pour les cheveux, le déguisement était réussi. Et ce jour-là, on arrivait à l'école avec nos légumes pour faire la soupe de l'escalade (Ndlr : une soupe bouillante que les Genevois ont renversé pour repousser une invasion savoyarde). Peut-être que j'appréciais aussi ces moments parce qu'ils étaient synonymes de fin des courset que, pour une fois, on voyait tout le monde dans un autre contexte.

Aujourd'hui, on parle de vous comme le successeur d'Henri Dès, ça vous fait quoi ?
C'est plutôt flatteur. Henri Dès a la carrière qu'on connaît. On ne le remplacera jamais. C'est grâce à lui qu'on parle de la musique pour enfants, donc c'est un peu grâce à lui qu'on parle de moi. Par contre, nous avons chacun notre univers.

Ecrire et interpréter pour un jeune public, c'est venu comment ?

Au conservatoire, un exercice consistait à créer une chanson pour enfants. Je m'y suis mis au dernier moment mais j'ai bien relevé le challenge. Et j'ai compris que j'aimais ça. Ecrire des chansons courtes qui racontent des histoires est devenu mon dada.

Et cela vous apporte quoi ?

Cela me permet de faire ce que je veux. De m'éclater en touchant à tous les genres de musique. C'est aussi le privilège du chanteur pour enfants : là où le rappeur fait du rap, je peux faire un reggae, un funk ou un jazz. Et c'est un plaisir de faire découvrir la musique aux jeunes. Je joue et j'enregistre mes mor- ceaux avec de vrais instruments pour que les enfants apprennent à distinguer le timbre d'une basse et celui d'un piano.

Gaëtan, avez-vous réalisé vos rêves ?
Les fameuses pages de « bottins » dont je parlais tout à l'heure, j'ai gardé les premières sur lesquelles j'apparaissais. Maintenant, j'ai d'autres envies. J'aimerais beaucoup écrire pour l'image. Pour un film ou un dessin.

+ d'infos:

Gaetan.ch

Grégory Verger

Article paru dans Babybook KidsFashion Magazine Automne/Hiver 2016

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