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Lundi, le 21 Mai 2012.
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Comment encourager l'autonomie des petits et des grands?

Comment encourager l'autonomie des petits et des grands?, article Babybook

L'autonomie ne vient pas seule, elle se provoque, se cultive, en laissant progressivement les enfants prendre des décisions qui les concernent.

Marie est l'aînée d'une fratrie de quatre enfants. Ses parents travaillent tous les deux et ont organisé la vie de la famille en impliquant chaque enfant, selon son âge. Au retour du collège, Marie s'occupe de ses frères et soeurs avant l'arrivée de ses parents. Elle assure les leçons, le bain et bien souvent les repas. Une fois tout ce petit monde couché, elle peut faire ses propres devoirs...

Delphine vit de l'autre côté de la rue. Sa maman parle d'elle comme d'une enfant parfaite. Ses devoirs sont toujours finis à temps, sa chambre est impeccable et elle est toujours bien habillée... Il faut dire que sa mère met un point d'honneur à conseiller sa fille en toutes circonstances pour la faire bénéficier de son expérience.

Le juste milieu

Tous les parents cherchent à rendre les enfants plus autonomes en prévision du jour où ils prendront leur envol. Ceux de Marie sont conscients qu'ils demandent beaucoup à leur fille, mais ils n'ont pas le choix et se disent qu'au moins, elle saura s'occuper d'une famille. La mère de Delphine pense préparer sa fille à affronter toutes les situations. Elle la conseille dans tous les domaines: choix de ses vêtements, de ses amies, de ses sorties et surtout lorsqu'elle hésite.

Ces deux exemples, bien éloignés l'un de l'autre, pourraient laisser penser que ces deux jeunes filles seront «armées» pour la vie grâce à ce qu'elles expérimentent déjà au quotidien. Pas si sûr! Il est certain que Marie sait tenir une maison à l'âge où la plupart de ses amies ne pensent qu'à la mode ou aux chanteurs... Mais il y a une différence entre stimuler l'autonomie et donner des responsabilités qui normalement incombent aux parents. Les encourager à être autonomes, ce n'est pas leur demander de faire à notre place, ni de répondre à nos besoins. En leur volant leur jeunesse, on prive les enfants du modèle parental qui les aiderait à apprendre, à progresser. La mère de Delphine lui a toujours dit ce qu'elle devait faire et quelles étaient les bonnes décisions à prendre. Pourquoi laisser sa fille essuyer des échecs, faire face à des déceptions, alors qu'en écoutant les conseils de sa mère, elle pourrait éviter tout cela? Malheureusement, Delphine a rarement l'occasion de faire ses propres choix, d'exercer ses propres jugements, bref, de développer des qualités très personnelles qui lui serviraient tout au long de sa vie. En ne portant pas de regard sur ellemême, elle aura constamment besoin de celui des autres pour qu'ils l'approuvent. Adulte, elle recherchera l'approbation de ses amis, de sa hiérarchie, de son conjoint. Elle sera dépendante de cette reconnaissance des autres. Au lieu d'être autonome, elle stagnera dans la dépendance affective. Certains parents créent cette dépendance par peur du syndrome du nid vide. L'image qu'ils ont d'eux-mêmes n'existe qu'à travers leur rôle de parents; lorsque les enfants quittent la maison, ils se sentent alors abandonnés, inutiles.

Encourager, pas sur-protéger

Le développement de l'autonomie des enfants, c'est bien l'affaire des parents. C'est à nous de les encourager autant que possible à être maîtres de leur vie. Plus facile à dire qu'à faire! Chaque parent se souvient de la fierté éprouvée en regardant son petit boutonner seul sa veste ou enfiler ses chaussures pour la première fois! On se rappelle aussi que cette fierté a rapidement laissé la place à l'impatience ressentie devant la lenteur de la tâche et à l'empressement qui bien souvent nous incite à finir le travail. La course folle du quotidien, le désir de protéger les enfants et de les faire bénéficier de l'expérience des adultes amènent finalement beaucoup de parents à faire, dire, réfléchir à la place de leurs enfants. «Prends plutôt un pull bleu, ça ira mieux avec ta jupe.» «A ta place, je dirais à Thomas que s'il veut te garder comme copain, il doit se comporter différemment.» «Ecoute, je vais réfléchir à ton problème pour ta sortie et je te dirai ce que moi je ferais à ta place.»
En laissant peu d'espace de liberté aux enfants, ces derniers acquièrent peu d'autonomie, et la dépendance peut même faire naître chez eux des sentiments négatifs. Un peu comme si demain, votre employeur vous disait que vous n'avez qu'à vous contenter de faire votre travail, que ce n'est pas la peine de chercher de nouvelles idées, qu'il y a des gens payés pour ça! C'est ainsi qu'à plus grande échelle, des chefs d'Etat de grandes puissances débarquent dans des pays en difficulté et tentent d'être rassurants en disant qu'ils vont les prendre en main, car ils ont les solutions et savent ce qui est bon pour ces pays! C'est dans le quotidien, à travers nos actes et nos paroles, que nous parents, pouvons aider nos enfants à devenir plus autonomes. Et ce quotidien regorge d'occasions.

Outils et stratégies à la disposition des parents

Accepter les sentiments des enfants

Dès qu'un parent accepte les sentiments d'un enfant, il l'aide déjà à se voir comme une personne distincte, qui peut avoir un avis différent du nôtre. Beaucoup pensent à tort qu'accepter, c'est approuver, et que cela signifie qu'on est d'accord avec tout ce que disent les enfants. «Tu trouves injuste d'avoir été puni pour ça» ne veut pas dire: «Je ne suis pas d'accord avec toi.» Cela veut juste dire: «Je comprends ce que tu ressens» (par exemple de l'injustice). Cela leur apprend à être conscients de tous leurs sentiments. Dans un second temps, la poursuite du dialogue les aidera à faire face à ce qu'ils éprouvent.

Offrir des choix

Dès le plus jeune âge, on peut offrir des choix aux enfants. «Tu préfères mettre ton pantalon rouge ou ton pantalon bleu?» «Tu veux faire tes devoirs avant ou après le repas?» «Nous quittons le parc dans cinq minutes. Tu aimerais faire encore de la balançoire ou du toboggan?» Quand nous proposons un choix, il est important d'être prêt à accepter les deux options sans chercher à orienter la décision de l'enfant. Un choix dont l'objectif est de renforcer l'autonomie ne doit pas être utilisé dans un moment de colère. Il risquerait très vite de se transformer en menace: «Tu viens tout de suite ou tu n'iras pas chez mamie ce soir!»

Respecter les efforts

Il est important de respecter les efforts des enfants. Il est plus judicieux de dire à un enfant qui peine: «C'est difficile de résoudre une équation» plutôt que: «Les équations, c'est facile! Viens, je vais te montrer.»

Eviter de les assommer de questions

Nous, les parents, nous voulons tout savoir: ce qui se passe à l'école, chez les copains, lors des soirées... Plus on veut en savoir, moins l'enfant parle. En évitant de le bombarder de questions aussitôt rentré à la maison, on fait preuve de respect. Il peut alors se voir comme un être indépendant, acteur de sa propre existence, en qui on a confiance. En étant moins intrusifs dans sa vie, il sera beaucoup plus enclin à se raconter spontanément.

Ne pas se presser de répondre aux questions

«Dis, papa, d'où vient le vent?» Au lieu de s'empresser de répondre à une telle question, même si nos connaissances scientifiques sur le sujet sont très pointues, il est bon de laisser l'enfant aller faire un tour dans sa tête: «Ainsi, tu te demandes d'où vient le vent...» Ou encore: «C'est une question intéressante.» Dans bien des cas, l'enfant a déjà commencé à y réfléchir, et il serait dommage de lui couper l'herbe sous le pied. Il restera toujours du temps, après coup, pour ajouter notre propre grain de sel si on croit que c'est vraiment important de le faire.

Les encourager à chercher des ressources extérieures

Cela apprend aux enfants qu'ils ne sont pas complètement dépendants de nous; que les parents n'ont pas toutes les réponses; que le monde extérieur est plein de ressources à leur disposition; et surtout qu'ils sont capables d'aller chercher leurs propres réponses.

Ne pas supprimer l'espoir

«Maman, je vais essayer d'avoir le premier rôle dans la pièce de théâtre!» «Ecoute, chérie, je ne voudrais pas que tu sois déçue. Tu pourrais peut-être te contenter de prendre un second rôle.» En protégeant l'enfant contre la déception, on le protège aussi contre l'espoir, contre l'effort, contre le rêve, et parfois contre l'atteinte de ses rêves. Les parents ont souvent tendance à s'approprier les succès et les échecs de leurs enfants. Il leur faut de la retenue et de la discipline pour laisser aux enfants le temps et l'espace nécessaires pour qu'ils apprennent par euxmêmes, pour qu'ils deviennent des êtres humains autonomes et responsables.

«Honorer ses parents, c'est se détourner d'eux pour leur montrer qu'on peut assumer.» (F. Dolto)

+ d'infos:
www.inforfamilles.ch

Par l'association Inforfamilles

www.babybook.ch et www.parentsolo.ch



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