Les cours de bébés nageurs sont une des rares et premières activités que les parents peuvent partager avec leurs enfants, quatre mois après la naissance. Cette éducation aquatique précoce n'offre pas seulement des moments de complicité avec son bout de chou, elle favorise aussi sa motricité et son éveil psychologique, tout en développant sa confiance en lui et sa coordination de mouvements.
Commencer en douceur, à la maison
Encadré par un moniteur respectueux de sa vitesse d'apprentissage et de son développement, l'enfant acquiert progressivement la maîtrise de l'élément aquatique et de son corps. De quoi rassurer papa et maman qui peuvent déjà habituer bébé à la maison. Faire de son rejeton un bébé nageur précoce ne s'improvise pas. Si, muni d'un certificat médical du pédiatre, le pitchoun peut commencer son éducation aquatique dès 4 mois, une préparation à la maison s'impose tout de même. Installé dans une grande baignoire dès les premières semaines, bébé sentira progressivement l'eau du bain se rafraîchir, jusqu'à environ 30 degrés. Gentiment, on va lui mouiller le visage, et après quelques semaines, l'éclabousser. Tout prend la forme de jeux, de rires complices. Enfin, tout en douceur, on lâchera sa tête en veillant à ce que les voies respiratoires soient dégagées. Et le voilà qui flotte, prêt pour sa première leçon d'essai gratuite en piscine. (Mais, bébé nageur ou non, rappelons qu'un enfant ne reste jamais sans surveillance dans son bain et encore moins au bord de l'eau.)
Des séances de quinze minutes au départ
«Les enfants sont en totale confiance. Ils ne sont pas terrorisés par les cours de bébés nageurs», rassure le papa de Timeo, 9 mois, et d'Emma, bientôt 4 ans. Lui que l'on avait mis à l'eau sans ménagement à l'école est heureux de voir aujourd'hui son aînée nager quasiment seule. L'apprentissage s'est fait en douceur, comme pour tous les bambins qui, en ce lundi matin, défilent à la piscine du Green Club de Romanel-sur-Lausanne. Trois moniteurs agréés, membres de l'Association suisse d'éducation aquatique 1ère enfance, dont Françoise Pilet, ancienne championne de natation, monitrice depuis trente ans, prennent en charge les jeunes baigneurs. Le cours, par groupe de deux ou de trois, dure quinze minutes, mais il est écourté si l'enfant participe à ses premières leçons, s'il montre de l'inconfort, ou a froid. Généralement, l'eau avoisine les 28 degrés, mais ce matin, elle est plus fraîche, et Corinne, 13 mois, pleurniche un peu.
Apprendre au bébé à se retourner seul, sur le dos
Un petit qui tombe à l'eau reste malheureusement sur le ventre. Aussi, le premier apprentissage du bébé nageur consistera à savoir se retourner seul sur le dos, à dégager ses voies respiratoires et à flotter! Tout un programme qui pourra s'apprendre dès les premiers mois. La flottabilité est d'ailleurs quasi naturelle chez le nourrisson puisque l'eau représente 80% de sa masse corporelle (60% chez l'adulte). Il se peut aussi que bébé, déséquilibré, se retrouve soudain la tête sous l'eau. Pas de panique! Jusqu'à 6 mois environ, l'enfant bloque instinctivement ses voies respiratoires en cas d'immersion. En revanche, un réflexe inapproprié du parent, qui voudrait le repêcher trop vite, lui fera boire la tasse. Si bébé se montre tout surpris par ce qui vient de lui arriver, aux parents de le rassurer avec un gros câlin, sans stresser. Tant que l'enfant n'est pas autonome, la monitrice exige qu'un parent l'accompagne dans l'eau.
Le test de flottabilité
Après quelques mois d'entraînement, quand l'enfant est suffisamment préparé, il passe un test de flottabilité, plutôt spectaculaire. Le bout de chou, qu'on a laissé tomber gentiment dans l'eau tout habillé, devra remonter à la surface, se mettre sur le dos et flotter en équilibre, une dizaine de minutes. «J'étais impressionnée et un peu stressée», admet Maïque Perez, alors que son épouse Sandrine, sereine, faisait pleinement confiance aux enseignants. Pour ce papa, les cours sont un moment de partage privilégié: «Quel bonheur de voir nos enfants évoluer, progresser. A cela s'ajoute l'aspect relationnel et ludique.» Comme les Perez partent régulièrement au bord de la mer, ils se sentent rassurés de savoir leurs deux bambins à l'aise dans l'eau.
Motricité et coordination
Une fois la flottabilité acquise, les petits Cousteau travailleront leur motricité. Entre 18 et 24 mois, ils commencent à utiliser du matériel flottant (frite, planche) et apprennent des battements de jambes calmes et maîtrisés. Françoise Pilet se souvient que son fils Dylan, aujourd'hui moniteur de natation et de bébés nageurs, traversait une piscine de 25 mètres en tapant des pieds à 18 mois. Au fur et à mesure de son développement moteur, l'enfant acquiert de nouvelles possibilités. A partir de 3 ans, il peut coordonner ses mouvements. Vers 4 ans, certains maîtrisent déjà correctement le dos crawlé. «J'avance au rythme de chacun, sans rien brusquer ni forcer. J'ai eu des enfants avec des problèmes psychomoteurs importants qui ont fait de la compétition à un haut niveau. Une petite trisomique a nagé le dos crawlé à 3 ans, se réjouit la Vaudoise. Notre but premier, c'est qu'un maximum d'enfants sachent nager pour assurer leur sécurité.»
Le déclic
Laetitia Monnot a donné des cours de bébés nageurs pendant huit ans. «L'enfant découvre son corps, apprend à le faire bouger, développe son équilibre, physique et psychique, sa persévérance. Il voit ses parents lui faire confiance. C'est génial. Il a une approche de l'eau très différente.» Cette maman reconnaît l'importance d'avoir des parents convaincus par la démarche, qui sauront être patients: «Mon fils aîné a pleuré pendant douze mois jusqu'au jour où il a eu le déclic», s'étonne Laetitia. Liliane, maman de Lara, bientôt 3 ans et demi, a vécu une expérience semblable: «C'est à 18 mois, lorsqu'elle a commencé les exercices de motricité avec la frite, que Lara a pris du plaisir. Maintenant, elle ne veut plus sortir de l'eau!»
+ d'infos:
www.bebes-nageurs.ch
www.canetons.ch
Article rédigé par Marie-Françoise Macchi
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Source: Magazine Babybook (numéro 4 paru en mai 2011)
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