Trouver un mode de garde pour son petit bout, c'est pour beaucoup de parents un parcours du combattant.
Entre la crèche, le jardin d'enfants ou la maman de jour, que choisir ? Quand commencer les démarches pour obtenir une place d'accueil? A travers un petit guide pratique et des témoignages de parents, Babybook vous présente un tour d'horizon de la situation.
Nous avons interrogé quatre mamans romandes: Virginie est chanceuse, elle a trouvé une place en crèche à 60% pour son petit Leo. Dshamila, maman de Marjane, fait appel à une nounou, tandis que Florence, maman d'Alba et Iris, utilise une garderie. Enfin, Gaëlle est toujours en recherche d'un mode de garde pour Salomé.
Virginie nous raconte: «J'ai trouvé assez facilement, alors que tout le monde me disait que ce serait l'horreur. Deux éléments ont joué: le fait d'avoir demandé une place pour août, car les crèches de la ville forment les classes comme les écoles (plus difficile en cours d'année, car il faut qu'une place se libère), et de leur avoir donné la liberté de choisir comment répartir les 60% de garde sur la semaine – ce que me permet mon job.»
Malheureusement, le cas de Virginie n'est pas la règle. De nombreuses mamans ne trouvent pas de mode de garde pour leur petit, ou trouvent une solution qui ne leur convient pas à 100%. Aujourd'hui, on estime qu'une demande sur deux n'a pas de solution répondant aux réels besoins des familles.
Dshamila a fait appel à une nounou via le service Chaperon rouge de la Croix-Rouge genevoise. Ce service, unique en Suisse romande, permet aux mamans de trouver un mode de garde temporaire, soit pour quelques jours si leur mode de garde fait défaillance, soit sur une plus longue période, pouvant aller jusqu'à un an. Dshamila s'interroge sur le choix de cette méthode: «Je me pose en ce moment beaucoup de questions sur le mode de garde de ma fille, car je voudrais qu'elle se lie davantage avec d'autres enfants. Avec la nounou, ce n'est pas trop le cas, même si elle est très bien. Ce serait formidable si je pouvais trouver un mode de garde où ma fille passerait une partie de sa journée en garderie, pour établir des contacts avec d'autres enfants, et une autre avec sa nounou.»
Malgré ses interrogations sur la socialisation de sa petite Marjane, Dshamila est assez satisfaite de l'équilibre qu'elle a trouvé: «Jusqu'ici, je travaillais à 40%, mais je compte augmenter à 60%, cela me semble le taux «idéal» pour avoir le temps de développer ma vie professionnelle et personnelle.»
Florence dit avoir trouvé une solution mixte qui lui convient: «Jusqu'à 2 ans, nos petites ont été gardées par une nounou. Après 2 ans, elles sont allées à la garderie, ce qui leur a permis de rencontrer d'autres enfants. J'ai heureusement une activité indépendante qui me permet de travailler sur une demi-journée. Il est certain cependant que j'ai dû abandonner certains contrats qui auraient nécessité que je m'absente toute la journée.»
Gaëlle, maman de Salomé, nous parle de sa difficulté à faire garder son enfant, alors qu'elle souhaite reprendre un emploi: «Trouver un mode de garde est déjà difficile quand on travaille, mais que dire des femmes qui veulent reprendre une activité professionnelle après une grossesse? Dans mon cas, je suis revenue vivre en Suisse après une expatriation, alors que j'étais enceinte de sept mois. J'avais mis le monde professionnel entre parenthèses pour quelque temps, mais maintenant, quel boulot ! Je n'ai aucune chance de trouver une place en crèche, car je ne suis pas prioritaire vu que je ne travaille pas; mais en même temps, il est difficile de dénicher un emploi sans avoir trouvé de solution pour faire garder son enfant. Le serpent se mord la queue!»
Il est vrai que les critères d'admission font bien souvent fi des parcours de vie atypiques, et considèrent comme un prérequis le fait d'avoir un emploi, ce qui défavorise également les personnes qui souhaitent créer leur entreprise. «Les employeurs ont aussi de la peine à comprendre que je ne sois pas disponible de suite. Malheureusement, une nounou acceptable, disponible immédiatement, ne se trouve pas au coin de la rue.»
Du côté de Marina, maman du petit Rodrigo, le constat est encore plus sévère: «J'ai eu une mauvaise expérience avec une nounou qui traitait mal mon fils et qui a volé de l'argent. Aujourd'hui, je me retrouve avec une solution de garde plus que précaire, puisque ma nounou n'a qu'un visa touristique, et travaille donc au noir, et seulement deux jours. C'est dur de faire confiance à une nouvelle personne. J'essaie de m'organiser avec un groupe d'amies pour une garde partagée. J'ai hâte de trouver une vraie solution, car mon fils a 15 mois, et je souhaite retravailler au minimum à 50%!»
Lorsqu'on leur demande ce qu'elles voudraient changer avec une baguette magique, les réponses fusent: «Que les hommes puissent aussi travailler à temps partiel», «Plus de temps perso et en couple». Gaëlle, quant à elle, n'envisage pas d'abandonner sa double recherche: «Mon épanouissement personnel passe par là!»
On peut souhaiter que, dans le futur, il soit plus facile de véritablement choisir le mode de garde qui convient le mieux à la famille. Si l'on en croit une étude des bureaux romands de l'égalité, il ne serait pas coûteux pour la société de créer plus de crèches, puisque «pour 1 franc investi, les crèches rapportent environ 3 francs à la collectivité». *
Trucs et astuces
Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier: ce n'est pas parce que vous
êtes sur liste d'attente pour une crèche que vous aurez forcément une place; alors,
cherchez des solutions de rechange.
Essayez de trouver une option pour les situations d'urgence: si votre petit bout est
malade ou que votre nounou doit s'absenter, il sera bien plus rassurant pour vous de savoir qui peut vous dépanner.
La plupart des structures d'accueil collectives souhaitent que vous reconfirmiez
votre inscription régulièrement. Afin de ne pas oublier et de ne pas perdre ainsi vos
chances d'obtenir une place, constituez-vous un aide-mémoire.
Si vous n'avez pas assez de temps à consacrer à la recherche d'un mode de garde, vous pouvez faire appel à une agence spécialisée dans l'emploi de personnel à domicile, mais cela a un coût.
Parlez de votre situation autour de vous! C'est souvent grâce à nos connaissances
qu'on trouve des solutions; elles ont déjà «testé» les nounous, elles connaissent tous les bons plans...
Constituez un petit carnet pour votre nounou qui peut contenir les règles importantes à vos yeux, ce que vous attendez d'elle (sorties, bain, repas...). C'est une manière de vous rassurer sur la façon dont la journée de votre enfant sera organisée et de partir travailler en toute confiance.
Et surtout... ne vous découragez pas!
+ d'infos:
* egalite.ch, une conférence qui réunit les bureaux cantonaux de l'égalité entre les femmes et les hommes de Suisse romande.
Article rédigé par Aurore Bui
Source: Babybook Magazine
(numéro 3 paru en octobre 2010)
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