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Jeudi, le 17 Mai 2012.
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S'il n'y a que des filles ou que des garçons

S'il n'y a que des filles ou que des garçons, article Babybook

Tous les parents rêvent de filles et de garçons

Parfois le mélange ne se fait pas. Mais on peut y trouver son bonheur quand même. Tous les futurs parents se posent la question: «Ce sera un garçon ou une fille?» Or les enfants naissent avec la même probabilité d'être l'un ou l'autre.

A la naissance, il y a en moyenne 105 garçons pour 100 filles. Mais le léger avantage des garçons à la naissance est rattrapé au cours de l'enfance et de l'adolescence par les filles, dont la mortalité est moindre.

La nature est cependant malicieuse, car parmi toutes les configurations familiales, on trouve des fratries composées uniquement de filles ou de garçons. «J'ai été très heureuse d'avoir un premier fils, puis un deuxième; mais quand j'ai su que j'attendais un quatrième garçon, j'ai pleuré pendant toute une journée! En revanche, le regard de notre entourage a toujours été très positif, avec des compliments dithyrambiques de mon beau-père», raconte Inès, nantie de quatre garçons.

Et à l'inverse, Pascale, mère (comblée!) de cinq filles: «On était presque gênés après les échographies de dire qu'on attendait «encore» une fille! Quand Louise, la dernière, est née, les gens avaient l'air désolés pour nous, Et j'ai dû rappeler que ce n'était pas de ma faute!» Preuve s'il en fallait que la valorisation des garçons par rapport aux filles n'a pas totalement disparu.

Des fifilles ou des brutes

Cependant, dans les pays industrialisés la préférence masculine est en train de s'estomper: les parents déclarent désormais, à une légère majorité, espérer la variété et l'équilibre entre les sexes. Et si ce n'est pas le cas, questions fusent: que faut-il faire ou ne pas faire pour éviter des «fifilles» effarouchées, faute de répondants masculins? Ou au contraire des brutes «machos» dépourvues de toute sensibilité dite féminine?

Tout dépend largement, et ce n'est pas une surprise, de l'attitude des parents. La psychanalyste Nicole Prieur, elle-même mère de trois garçons, prévient: «Une famille composée d'enfants d'un seul sexe est toujours bâtie sur une déception des parents, plus ou moins consciente, plus ou moins avouée, de ne pas avoir 'l'autre'; autant l'accepter!»

Pour Régine Scelles, professeur de psychopathologie à l'université de Rouen, «l'identité sexuelle d'un enfant se construit avec les parents, mais aussi en se comparant avec ses pairs: être élevés ensemble en famille, garçons et filles, avec la proximité des corps que cela induit, les bains collectifs, les chatouillis et les bagarres, tous ces rapports quotidiens avec l'autre sexe, différent et en même temps très proche, apprennent quelque chose de l'étranger. C'est le début de la reconnaissance de l'altérité. Mais cela peut se faire aussi à la crèche, à l'école.»

Le biberon des garçons

Elle affirme donc haut et fort: «Naître dans une famille unisexe, c'est une variable, pas un destin!» Pour elle, il y a surtout une résonance affective qui dépend de l'histoire des parents: «Une maman maghrébine peut se désespérer de ne pas donner de fils à son mari. Et un père de filles pourra être fier d'elles comme un «homme à femmes», ou au contraire ne pas savoir comment se comporter avec elles, notamment au moment de l'adolescence».

On sait que les parents ne se comportent pas de la même manière avec leurs filles et leurs garçons. Par exemple, les mères consacrent en moyenne plus de temps à donner le biberon à leurs bébés garçons qu'aux filles. Y trouvent-elles plus de plaisir ou simplement ces petits messieurs sont-ils moins rapides? Aucune enquête ne pourra le dire.

Plus surprenant: une étude de 2006 sur l'investissement des parents dans l'éducation de leurs enfants note un effort plus grand, en termes de soutien scolaire et d'investissement financier, à l'égard des garçons que des filles (dans les milieux favorisés). Mais cela s'explique-t-il par un intérêt moindre pour les filles, ou par des difficultés scolaires plus fréquentes chez les garçons? Car, par ailleurs, les filles font en moyenne des études plus longues.

Filles défavorisées

Mais surtout, «les filles sont d'autant plus défavorisées qu'elles ont plus de frères, à taille de fratrie égale.» Cela voudrait donc dire qu'il vaut mieux pour une fille n'avoir que des sœurs! Les garçons, eux, ne «semblent pas souffrir de la présence de frères», «J'observe que dans les fratries unisexes, surtout un peu nombreuses, remarque encore Régine Scelles, il y a souvent un 'garçon manqué, ou une `fille manquée' à qui on attribue les qualités de l'autre sexe.»

D'où l'art de savoir donner aux garçons le droit d'être «un grand sensible», ou un «vrai littéraire», et aux filles par exemple celui de briller en mathématiques.

+d'infos :
Régine Scelles, Frères et sœurs, complices et rivaux, éd. Fleurus

Article rédigé par Guillemette de la Borie


Source: Famille-ge.ch, article extrait de la revue Echo Magazine


www.babybook.ch et www.parentsolo.ch



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