Espace membre



Créer un compte    Mot de passe oublié ?
Jeudi, le 17 Mai 2012.
magrossesse

Le choix du prénom en dit long

Le choix du prénom en dit long, article Babybook Les parents les appellent Kevin ou Joséphine, en passant par Barça: les bébés en voient de belles et parfois ils en souffrent. L'originalité est de mise, mais il faut la supporter. « Vous avez réfléchi au prénom?» Le ventre de la future maman s'arrondit à peine et déjà la question est posée. La décision prise - parfois au prix de nombreux renoncements, moult négociations et d'ultimes revirements - est souvent la première d'une longue série de leur vie de parents.

Pourquoi un tel casse-tête? D'abord parce qu'il s'agit d'une décision personnelle, dans laquelle la tradition familiale intervient de moins en moins. Il y a belle lurette que les enfants n'héritent plus de manière systématique - sauf en deuxième ou troisième place - du prénom de leurs grands-parents, même si certaines familles chrétiennes, juives ou musulmanes prennent soin de puiser dans la tradition religieuse.

«Aujourd'hui, c'est souvent la mère qui finit par prendre la décision finale», remarque Anne Gatecel, psychologue clinicienne. Pour Joséphine Besnard, sociologue, «il faut se souvenir que, jusque dans les années 1950, dans les écoles de garçons, on s'appelait par le nom de famille. Dans les entreprises, non seulement on ne se tutoyait pas, mais on se donnait du «Madame» ou «Monsieur», suivi du patronyme... Tout cela a beaucoup évolué après les années 1970 et explique que le prénom est de plus en plus investi,»

L'enfant que l'on veut unique
Derrière cette quête d'un prénom idéal se cache aussi l'envie de singulariser l'enfant que l'on veut unique. «Presque la moitié des lettres que je reçois commencent par la phrase: «Nous voulions un prénom à la fois rare et original», confirme Agnès Ward, qui anime la page «Ronde des prénoms» d'Enfant Magazine et du site Enfant.com, où les jeunes parents - souvent les mères - racontent l'origine de leur choix.

«Les parents recherchent souvent un prénom à la fois doux, incisif et court... Ils sont aussi très créatifs et n'hésitent pas à opérer des fusions: récemment, un couple franco-portugais a créé Siméo en ajoutant une terminaison latine à Simon.» Nommer son enfant, c'est aussi l'ancrer dans une histoire, une lignée. «Le choix d'un prénom en dit long sur les projections des parents et les valeurs qu'ils souhaitent transmettre à leur enfant,», souligne Anne Gatecel.

Un point de vue confirmé par Joséphine Besnard qui observe que «le prénom peut donner des indications sur son porteur, sa génération et sa classe sociale. Par exemple, il existe 160'000 Kevin en France, pour la plupart nés entre 1989 et 1994 et souvent issus des classes populaires. On sait aussi que les classes aisées donnent moins de prénoms importés des États-Unis ou à consonance latine.»

Le retour de Paul et Charlotte

Des histoires de prénoms? Il suffit d'évoquer le dernier-né de la famille ou du bureau pour en récolter à foison et susciter des discussions animées, tant certains choix paraissent incongrus. Cette vague créatrice se retrouve aussi dans d'autres pays européens: en Belgique, un couple fan du FC Barcelone a défrayé la chronique en août dernier en nommant son fils «Barça» (diminutif du club de football catalan).

«Pendant longtemps, les classes aisées innovaient, puis les prénoms se diffusaient vers le bas de l'échelle sociale. Ce modèle a volé en éclats dans les années 1980, lorsque la vague américano-celtique, soutenue par les feuilletons télévisés, a déferlé avec les Kevin, Ryan, Brandon et leurs innombrables orthographes. Aujourd'hui, les chemins de l'innovation ne passent plus par les classes aisées. Celles-ci récupèrent plutôt des classiques, tels que Paul et Charlotte», explique Joséphine Besnard.

Ils sont moins timides

Les Hortense et les Hippolyte sont cependant encore loin de détrôner les nombreux petits Lucas et Emma qui caracolent en tête du palmarès depuis le début du XXI' siècle. Reste à savoir si le «petit nom» façonne la personnalité de celui qui le porte... «De nombreuses recherches ont confirmé que le lien entre appréciation de son prénom et image de soi existe. Par exemple, des étudiants masculins avec un prénom peu commun expriment moins de sentiment d'infériorité et de timidité que ceux possédant un prénom plus conventionnel», signale Nicolas Guéguen, enseignant et chercheur en psychologie sociale à l'université de Bretagne Sud.

Faut-il alors privilégier la rareté? Pas si sûr, car une autre étude montre qu'«un prénom commun est associé à plus de tolérance, de sympathie, de courage qu'un prénom singulier», observe Nicolas Guéguen. Autant de réponses qui plaident en faveur d'un choix porteur des rêves des parents, mais soigneusement mûri et raisonné.

Extrait de la revue Echo Magazine

Source: Infor Familles - pro juventute Genève www.familles-ge.ch

www.babybook.ch et www.parentsolo.ch



Réagissez à cet article

Il vous faut tout d'abord vous connecter à votre compte Babybook ! (tout en haut du site)

Si vous n'êtes pas inscrit(e) sur Babybook, vous pouvez créer une compte en quelques clics, et serez immédiatement connecté(e) à votre compte Babybook.

Une fois inscrit(e) et connecté(e), vous pourrez revenir sur cette page afin de réagir à cet article.

Retourner à la liste des articles

Recherche


Inscription à la newsletter


Nous suivre

Publicité
Blog Forum

Publicité

Petites annonces Nos experts Casting
Prochaine sortie Mai 2011
Espace annonceursAbonnez-vousMagazine en ligne - Lisez Babybook sur votre écran!
Haut de page